Ville de Lacanau

Erosion littoral

La contre-attaque démarre le 3 novembre 2009

«Littoral Aquitain», le Groupement d’Intérêt Public en charge du lourd dossier Erosion, a défini une «stratégie de gestion du trait de côte sur la façade océanique», qui s’appliquera par conséquent sur les trois Communes, une par département (Gironde, Landes, Pyrénées-Atlantiques), qui servent de sites tests, autrement dit où seront expérimentées puis choisies les opérations à mener sur tout le littoral concerné. On sait que c’est le cas de Lacanau.

Pour ce faire, «Littoral Aquitain» a rédigé un cahier des charges digne d’un grand chantier, allant du «pourquoi» au «comment».

Ce document fondateur a été pour l’essentiel bâti autour des données recueillies et analysées par l’Observatoire de la Côte Aquitaine,organisme voulu par l’Etat et la Région, qui est en quelque sorte le cerveau de l’opération, puisqu’il rassemble toutes les compétences en la matière, professionnels de l’IFREMER, du BRGM , de l’ONF et du Conservatoire du Littoral, mais aussi du RRLA (Réseau de Recherche du Littoral Aquitain), qui regroupe des universitaires.

Lacanau représente donc le cas de l’érosion frappant les côtes sableuses. Les participants du Forum organisé à l’Escoure sur l’initiative du maire ont retenu que le phénomène était principalement du à l’arrêt de l’apport de sédiments, ce qui permettait à l’océan (dont les courants côtiers) et au vent de «dégraisser» progressivement. De plus, les phénomènes naturels violents et les menaces engendrées par le réchauffement général ne peuvent qu’accentuer la tendance.

La stratégie qui sera opposée à cette action destructrice découlera d’une étude chargée d’identifier les réponses durables que l’homme peut apporter. Nous en sommes là.

Cette étude a été confiée à un organisme notoire, la SOGREAH, qui vient de rédiger sa propre approche méthodologique, avec : d’abord une approche de la sensibilité locale, ensuite une reconnaissance des divers enjeux, puis une définition de la stratégie locale, puis encore une évaluation des scenarios et enfin le choix d’une stratégie étendue à la région.

L’opération globale démarre le 3 novembre et devrait s’étaler sur une année. Si le calendrier est respecté, on devrait savoir à la fin de 2010 comment on entend combattre l’érosion.

TF1 : L'érosion menace les plages

Voir le Reportage Vidéo diffusé sur TF1 le 1er juillet 2009

Extraits du Supplément Sud Ouest du 25 juin 2009

FORUM trait de côte, erosion des plages

La municipalité de Lacanau à placé au centre de ses préoccupations le problème de l’érosion marine et éolienne des plages de notre littoral.
Elle a organisée le samedi 20 juin 2009  à la salle l’Escoure de Lacanau Océan, un forum sur ce que certains considèrent à tort ou à raison comme un phénomène inéluctable et irréversible.
Ce forum a réuni huit intervenants qui sont, dans des expertises diverses et complémentaires, des interlocuteurs incontournables sur le sujet.
Il s’agit de sensibiliser la population et d’alerter les pouvoirs publics sur un problème qui au delà de notre commune et même de l’intercommunalité relève par son ampleur, du département, de la région, et par le coût de ses solutions, de Paris et Bruxelles.

Le forum a été filmé et un DVD vidéo réalisé. 
Ce DVD peut être emprunté à la bibliothèque de Lacanau Océan.

Article "Sud Ouest" du 23 avril 2009

LACANAU. Après un déplacement à Veere, dans la province de Zélande, pour parler de l'érosion, Jean-Michel David évoque une éventuelle collaboration avec les Hollandais

Le maire juge sa visite au Pays-Bas « constructive »

Au Pays-Bas, Jean-Michel David, le maire de Lacanau, a été reçu par son homologue de Veere Rob Van der Zwaag. (PHOTO V. B.)

Jean-Michel David, le maire de Lacanau, revient d'un déplacement aux Pays-Bas. Sur la commune de Veere, sur l'île de Walcheren dans la province de Zélande, l'édile est allé récolter de « l'information » sur la façon dont les Hollandais traitent la problématique de l'érosion des plages. À Lacanau, le phénomène s'est fortement accentué ces dernières années. La collectivité a même fait inscrire sur un document d'aménagement (Scot) « un éventuel repli de l'urbanisation ».

Est-ce que votre visite aux Pays-Bas a répondu à vos attentes ?

Jean-Michel David. Absolument. Nous avons rencontré le maire, Rob Van der Zwaag, et ses services. Mais aussi les responsables des organismes qui sont chargés de l'étude et de la protection des côtes, ainsi que de l'érosion marine au niveau de la province de Zélande (Zeeland). Nous avons vu comment ces études ont été menées par la commune et par l'État. Dans ce pays, il faut comprendre que le maire n'est pas élu. Il est nommé par la reine. Il représente donc l'état. Le problème de l'érosion et de la protection des côtes, avec le plan Delta, représente le défi premier du territoire. Ce sont des crédits d'État qui sont mobilisés pour ce combat. Nous avons eu la chance de pouvoir prendre connaissance des études déjà réalisées, puis des projets qui sont en cours. Un lien s'est aussi créé avec Veere. L'accueil a été très chaleureux. Nous avons laissé au maire et à ses services des dossiers techniques, de manière à ce qu'ils puissent, eux aussi, se rendre compte de la situation de notre côte canaulaise. Ils nous ont indiqué qu'une éventuelle collaboration pourrait s'engager entre nos deux communes. Tout cela est donc extrêmement positif.

Quels éléments ont retenu votre attention au niveau de la lutte contre l'érosion, et en particulier au niveau des épis et des apports en sable ?

J'ai surtout retenu que de nombreuses études sont programmées avant de lancer les travaux. C'est vrai pour l'apport de sable, les épis et les digues. Ces études portent non seulement sur la plage émergée, avec sa pente et ses problèmes d'érosion éolienne, mais aussi sur la plage immergée et les fonds marins, ce qui, à ma connaissance, n'a pas encore été fait chez nous.

Ces études très précises permettent des analyses fines, et donc de mieux connaître le profil de la plage immergée sur une distance de 100 ou de 200 mètres.

Quand les Hollandais apportent du sable, ce sont des apports très volumineux. Ils le font sur les deux parties de la plage, la partie émergée et la partie immergée. Pour eux, compte tenu des courants et des marées, la mise en place d'épis et d'apports en sable doit se faire de façon combinée. Et comme l'engraissement de la plage doit être renouvelé constamment, il doit aussi être budgétisé tous les ans.

Que pensez-vous du projet des « Maillons faibles », et serait-il éventuellement envisageable sur notre côte ?

Au niveau des « Maillons faibles », c'est très exactement la zone où nous étions. Et les Hollandais y ont consacré des sommes astronomiques, toujours mises à disposition par l'État. Après la marée catastrophique de 1953, ils ont pris conscience que réaliser des travaux était pour eux une question de survie. Ils ont alors relié des bras de mer avec des digues, sur lesquels ils ont fait des routes, et des dunes artificielles. Et puis, sur les maillons faibles, situés du côté de la mer du Nord, ils ont une politique d'engraissement des plages.

Quels autres sujets ont été abordés pendant cette visite ?

Nous avons parlé du dossier de la sécurité des plages. Sur ce plan, la situation en Hollande est très éloignée de celle de la France. Il est donc difficile de comparer les deux dispositifs. Le maire de Veere dégage sa responsabilité. C'est une association qui prend le relais. Elle est chargée de recruter des sauveteurs nautiques, d'assurer la sécurité sur les plages, de faire de la formation et de mettre à disposition des équipements. Le problème n'est absolument pas vécu et traiter de la même manière. C'est l'association qui prend toutes les responsabilités, pas le maire de la commune.

Auteur : « Sud Ouest ».
Propos recueillis par Véronique Boscher

Article du journal "Sud Ouest" du 23 avril 2009

L'océan dévore notre littoral

L'inexorable recul de la plage s'accompagne d'une prévision déchirante :

Un jour, il faudra peut-être déménager le front de mer.

Article de Jean-Denis RENARD (journal Sud-Ouest du 28 mars 2009)

Depuis la plage nord de Lacanau océan, le front de mer de la station balnéaire apparaît comme une presqu'île qui s'avance dans l'océan. C'est ce que les spécialistes de l'érosion, comme Jean Favennec, relèvent dans leurs rapports. Dans le même temps, au nord et au sud de la zone centrale, les dunes reculent naturellement, et la plage tend à se reconstituer, même si le solde de l'échange sédimentaire est plus pauvre. C'est le cycle général de l'érosion.

Article de Julien LESTAGE (journal Sud-Ouest du 07 avril 2009)