EDITORIAL

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La confiance, c'est raisonnable

Le vingt-et-unième siècle a douze ans. L’âge de l’adolescence, des peurs, des découvertes et des romesses. L’âge des «je sais», comme chantait Gabin, des remises en question et des caractères qui s’affirment.
Mais le siècle n’est qu’un symbole, un jalon commode, une image parlante. Moins parlante cependant que l’année qui débute.
Une année qui, plus que la précédente et probablement moins que la suivante, ressemble dès son premier jour à la marche sur le tremplin, celle qui précède le saut dans l’inconnu.
L’inconnu est omniprésent. Il va des aléas climatiques et leur compagnon d’infortune, la pollution, au devenir de l’Europe et de son blason pâlissant, l’euro, en passant par le chômage et le coût de la vie.
Mille remèdes sont proposés, aucun ne crée le consensus.


C’est dans ce contexte qu’il m’appartient de former des voeux.
Le choix est simple : où ils sont inspirés par la crainte, ou ils sont porteurs d’espoir.
Vous devinez de quel côté je penche.
Mais d’abord - et ce n’est pas le moindre– j’adresse des souhaits très sincères à chacune et à chacun des Canaulais.
Que les peines et les injustices vous épargnent, que vous-même et ceux qui vous sont chers traversent cette nouvelle année dans les conditions les meilleures.
J’exprimerai ensuite des souhaits collectifs, ceux qui concernent notre société et qui, à la modeste échelle de notre commune, dépendent pour une bonne part de l’action.
Je crois qu’il faut en un premier temps prendre conscience de son exacte marge de manoeuvre, savoir ce que l’on peut raisonnablement envisager et savoir écarter les projets aventureux. Dans une époque comme celle-ci, puisque la moindre décision engage l’argent public, quel qu’en soit le montant, il est de la plus élémentaire décence de dépenser avec clairvoyance. Certes, Lacanau possède l’insigne chance de ne pas être une collectivité pauvre, mais ce constat envié a une cause : une rigueur non seulement dans la gestion quotidienne, mais aussi – et je dirai surtout – une rigueur dans les choix d’investissement.
Un chiffre, un seul : une fois de plus, nous dépassons les sept millions d’euros d’investissement.
Une règle : ne pas considérer l’enrichissement de la commune comme l’objecif suprême, puique de toute façon Lacanau n’est pas à vendre, mais lui préférer l’enrichissement profitable, celui qui s’inscrira un jour dans la colonne Recettes.


Qu’est-ce que la colonne Recettes ?
C’est la somme des positifs. Ce que l’on chiffre traditionnellement et qui apparaît dans les bilans omptables, bien sûr, mais aussi les bénéfices induits, en qualité de vie, en emplois directs ou indirects, en garanties d’économies réalisées tôt ou tard. En crédibilité globale. Ainsi, cette année encore. Tous les sens du mot «enrichissement».
Quels sont en effet nos investissements 2012 majeurs ?
Les équipements sportifs du collège.
Dimensionnés pour la satisfaction des usagers prioritaires, mais aussi pour des usages plus généraux, témoignage concret de confiance en notre avenir.
Le centre de La Husclade. Lui aussi est dédié à notre richesse principale,
nos jeunes en offrant les conditions optimales, de l’éducation à la sécurité.
Le Centre Technique. Un outil à la hauteur de ce que nous attendons de services techniques municipaux performants donc utiles au bien-être de tous.
Le pôle multiservices de l’Aiguillonne. Au coeur de la Ville, dans le prolongement du multiaccueil municipal, un «bâtiment» fonctionnel répondant à un besoin bien réel en offrant une fonction-nalité digne de grandes villes.

Ces quatre exemples peuvent aussi être définis comme des chantiers, donc du travail, donc de l’emploi. Que peut une commune en faveur de l’emploi, sinon donner du travail ?
Et là, pas de délocalisation, mais une priorité dans la mesure du possible aux entreprises locales, à l’économie locale. Et, à terme, une attractivité accrue, une spirale positive accélérée, une machine à créer de la prospérité.
La qualité de vie, le bonheur d’être Canaulais, résident partout où l’on veut bien les trouver.
Ce mois-ci, nous consacrons donc un petit dossier à un vieux bonheur, à une valeur aussi sûre qu’universelle, la lecture, qui n’a rien de spécifiquement canaulais mais qui est particulièrement bien illustrée chez nous, grâce à des professionnels comme à des bénévoles.
Pourquoi ? Parce que nous sommes très fiers d’une Médiathèque qui fonctionne et qui plaît, c’est évident, mais aussi parce que nous croyons que l’enrichissement personnel provenant de toutes les formes de culture, de toutes les formes de démarche personnelle allant dans ce sens, est bon pour la société tout entière. On n’est jamais trop informé, trop ouvert, trop partageur. Car la lecture, on le verra, est aussi une histoire collective.
Et les enfants ! Ces tout-petits qui feuillettent, qui écoutent, qui questionnent, qui découvrent.
Nos voeux vont d’abord vers eux. Qu’ils soient armés pour être demain les citoyens dont nous aurons besoin, pour être les acteurs de leur propre épanouissement, les bâtisseurs du Lacanau du futur.


2012 dépend peut-être de la Bourse de Shanghaï ou des notations d’une agence spécialisée.
Mais, fort heureusement, dépend aussi de nous. D’ores et déjà, pensons- y.

Bonne année !

Jean-Michel DAVID,
Maire de Lacanau
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